Les déclarations choc de François Ruffin sur l’école de demain
François Ruffin, député de La France Insoumise et figure emblématique de la gauche radicale, a créé la polémique lors d’un récent meeting en octobre 2025, en déclarant sans détour : « Bricoler je ne sais pas faire, cuisiner je ne sais pas faire, jardiner je ne sais pas faire et il me semble que l’école de demain doit être une école où on apprend aussi tout ça, des savoirs concrets. » Cette sortie, relayée massivement sur les réseaux sociaux, vise à réintroduire au collège des enseignements pratiques comme la cuisine, le bricolage, le jardinage et la couture. Selon Ruffin, l’école actuelle produit des générations déconnectées de la réalité, incapables de se débrouiller dans la vie quotidienne, et il appelle à une réforme urgente pour intégrer ces compétences manuelles.
Dans une interview sur LinkedIn datée du 12 octobre 2025, Ruffin a précisé son projet : « Je suis pour que, au collège, on apprenne la cuisine, le bricolage, le jardinage, que les élèves touchent à tout… » Il argue que ces savoirs concrets renforceraient l’autonomie des jeunes, combatteraient les inégalités sociales et répondraient à une crise éducative profonde. Cette proposition, qui fait écho à des débats anciens sur l’éducation professionnelle, a rapidement divisé l’opinion publique, avec des soutiens enthousiastes chez les parents ruraux et des critiques acerbes des pédagogues traditionnels.
Les arguments pour et contre cette réforme éducative controversée

Les partisans de la vision de Ruffin, issus majoritairement de la gauche populaire et des syndicats enseignants comme SUD Éducation, saluent une initiative salutaire pour une école plus inclusive et pratique. « Dans un monde où les compétences manuelles sont sous-valorisées, réintroduire la couture ou la cuisine permettrait de lutter contre le décrochage scolaire et de valoriser tous les talents », explique un rapport de la FCPE daté de novembre 2025. Ruffin pointe du doigt une école élitiste qui privilégie les savoirs abstraits, laissant de côté les jeunes issus de milieux modestes qui pourraient briller dans des domaines concrets.
Mais les opposants, dont des experts du ministère de l’Éducation nationale et des associations comme l’UNSA, dénoncent une régression dangereuse. « Ajouter ces matières alourdirait un programme déjà saturé, au détriment des bases essentielles comme les maths ou les langues », argue un communiqué de la Société des agrégés en décembre 2025. Critiques virulentes sur les réseaux : cette réforme serait sexiste, renvoyant les filles à la cuisine et les garçons au bricolage, ou simplement irréaliste face aux budgets scolaires en berne. Ruffin rétorque que ces savoirs sont universels et émancipateurs, mais le débat fait rage.
Les enjeux pour l’avenir de l’éducation française et les réactions politiques

Cette proposition de Ruffin s’inscrit dans un contexte de crise éducative majeure en France, avec des taux de décrochage alarmants et une remise en question du modèle républicain. À l’approche des élections de 2027, elle pourrait devenir un enjeu électoral clé pour La France Insoumise, visant à reconquérir les classes populaires déçues par Macron. Des sondages récents, comme celui de l’IFOP en décembre 2025, montrent que 65 % des Français soutiennent l’idée d’enseignements pratiques, mais seulement 40 % pour une réforme obligatoire.
Politiquement, le gouvernement Borne a balayé l’idée comme « démagogique », préférant miser sur le numérique et les STEM. Mais des voix à droite, comme chez les Républicains, saluent un retour aux valeurs traditionnelles. Reste à savoir si cette « école des savoirs concrets » verra le jour : une pétition en ligne lancée par Ruffin a déjà récolté 150 000 signatures. La France doit-elle réinventer son éducation pour former des citoyens autonomes, ou risquer de creuser les clivages ? L’avenir des jeunes est en jeu – et le débat ne fait que commencer.